samedi 15 décembre 2018

VISIONS du BOUDDHISME au NÉPAL . 2/6

Swayambhunath et la montagne, peinture murale d'un temple à Lumbini
Religion vivante dans tout le pays, de Lumbini, site historique, aux camps de réfugiés tibétains, le bouddhisme s’est répandu sur les routes du commerce, de la diffusion de l’enseignement et de l’exil depuis des siècles,  et le culte coexiste heureusement avec l’hindouisme, non sans quelques mélanges et assimilations de divinités, karma et réincarnations.
Bodnath: le stupa.

Lumbini, au sud du pays, proche de la frontière de l’Inde aurait été le lieu de naissance de Gautama Bouddha  vers 550 av JC: fils d’un roi, au cours d’un voyage, le prince rencontrant malades et morts, fit retraite, reçu l’illumination et commence son enseignement avant de trouver le Nirvana.
Mise au net des arcs et du blanc bleuté à la chaux et en marchant, dans le bon sens.

Tous les pèlerinages passent, à Lumbini : une boucle qui passe par l’Inde à Sarnath, proche de Bénares, et à Bodhgaya: sites de l’éveil et du premier enseignement, avant le retour au lieu de la mort à Kapilavatsu, coté Népal actuel.
Déjà répandu depuis le 3ème siècle,  sur la route commerçante entre l’Inde et le Tibet, le bouddhisme a multiplié ses fidèles depuis l’arrivée des réfugiés tibétains après la fuite du Dalai Lama en Inde en 1959  sous la pression chinoise.  
Ils ont été accueillis autour des villes; ainsi le quartier « Bodnath » de Kathmandu : 
de la secte des Bonnets jaunes , le courant du Grand Véhicule,  le Mahayana, voie de la compassion, dirigé par le Dalai Lama.

À l’ouest  de Kathmandu, le sanctuaire  Swayambhunath, sur une colline remonte à plusieurs siècles. Il sert de modèle à son symétrique à l’est: 


 Bodnath :   quartier construit après 1960 pour les réfugiés tibétains.
 dans la rue circulaire  close par  un porte monumentale.  Toutes les constructions épousent le pourtour du stupa. 


Vue de stupa sur la rue.












École de thangkas, des boutiques, deux  monastères avec vue : musique, tambours et hautbois, genre chennai, et quelques restaurants et guest-houses: tout pour le pèlerin et le touriste.
Et on craque...








Tous au balcon.



La démo du bol ? pour mannequins.
























L'intérieur du monastère "d'en face' présente son décor standard et dans un couloir le portrait inattendu du dernier roi.
Un Mandala en 3D : base carrée, cercles inscrits concentriques et 13 anneaux.















Sur les collines du nord, un autre monastère en activité. quelques vieilles moniales tournent les moulins à prière. Architecture traditionnelle aux fenêtres encastrées et modillons jaunes et noirs.






à Pokhara : camp de réfugiés.

 La foi leur a fait traverser la montagne, et maintenant on pense arrêter les tremblements de terre.
Petit monastère 


et petits moinillons.




Un monastère miniature dans le quartier des réfugiés, vivant du « petit commerce »  principalement de bijoux et statuettes pour les visiteurs: 
des moinillons attendent le repas, (un rubik’s cube à la main, autre chapelet ?). 


D’abord camp de tentes, maintenant construit en dur,  la maison musée expose les photos de l’exil et les témoignages des exilés.




LUMBINI :  et le parc du bouddhisme international .  


précédé d’une entrée monumentale dont l’architecture imite l’oeuvre de Kahn à Dacca au Bangladesh. (sans info sur l’architecte).

La foule se presse pour honorer la pierre qui marque le lieu précis où  la reine  donna naissance au prince.  enfermée dans une sorte de hangar.   
les structures archéologiques, très semblables à celles de Sarnath, et un arbre dominant le bassin complètent le site:

Des soubassements énigmatiques.
Cherchez l'arbre.
Plus cheminée que stèle.

Le pilier d’Asoka :  érigé vers 230 avant notre ère par l’empereur de la dynastie Maurya, dont la capitale se situait à Patna: principal acteur dans le développement et l’expansion du bouddhisme: 
Celui-ci est assez modeste comparé aux autres piliers sculptés d’animaux , répartis entre l’Afghanistan et l’Inde centrale, à Sanchi en particulier.

Vers la Paix ?
Roses et rouges.










Au carrefour, face au bébé Bouddha, la Navigation sur le canal vers un temple de la paix … très parc de loisir.  Payant et très surveillé. 

Des  modèles d'architectures bouddhistes. 

 

Les deux grands courants du bouddhisme sont représentés:
Un premier ensemble de bâtiments représentatifs du courant du « Petit véhicule», le « Theravada » diffusé via Ceylan, et toujours actif en Asie du sud-est.  Plus authentique et proche des origines, il se caractérise par les Stupas , dômes blancs ou or. 

Cette forme remonte aux Édits d’Ashoka,  vers 350 avant JC. Huit temples avaient été construits dans l’empire pour conserver des reliques du bouddha, cendres, cheveux, os, (multipliés depuis après la diffusion vers le Sri Lanka.…) 
Quelques ajouts décoratifs ne doivent rien au respect des traditions.

Un style de Sri Lanka. Nirvana new age..











Le temple  de Birmanie -un peu petit- en comparaison des chefs d’oeuvres de l’actuel Myanmar. Mais doré à la peinture.

Stupa blanc et peintures kitch pour le temple du Népal, surveillé par des singes.

Partout on pense aux fortunes incalculables relativement au revenu moyen des habitants, des pays donateurs, ainsi que du Népal...





On croirait un décor de cinéma..
Le Cambodge : des   panneaux signalant Angkor Vat (un copie resterait à construire, !) et son porche alors que le clone du  palais-temple de Phnom Penh sèche à peine:  stupéfiant dans les détails des peintures intérieures. 
Dehors on pave avec des briques un peu fracassées. 


Intérieur du sanctuaire cambodgien. Arbre en plastique, peinture fraiche. 
















Dans un style voisin, le monastère Thai :  surveillé par une armée de moines en jaune: précédé de "attention au chien".
 Jour de réception d’officiels. Riches et filmés : Prière de donner une offrande. Autour on bosse.
Les ouvriers du chantier : illustration des castes.
























Dans un monastère non répertorié: le petit commerce chez les moines , du demi-gros au détail…




Sur la route un "moyen véhicule" en panne: modèle d'usure standard.









Deuxième séquence:  



Les monastères du « Grand véhicule » : Temple et cellules habitées.   Un coup d’oeil sur la Corée, et le Canada qui imite son voisin chinois.

La visite du sanctuaire chinois dans une double enceinte très «Cité interdite», 

rouge chine,  ses gardiens du temple et son lama inédit
 est 
précédé des statues du grand moine  Xuang Zang, voyageur du 7è siècle qui arpenta la Chine et le Tibet,   et d’un lama plus que centenaire (doré). 

Visiteuse népalaise.























Il y aurait donc un centre bouddhiste autorisé (et on n'en doute pas, très riche) dans l'empire qui éradiqua la religion et annexa le Tibet ... 

 Bouddhisme européen : un scoop.
On attend l'architecte, ou les fonds ??




Une tentative française encore improbable, et sans plan affiché voisine avec un centre international fermé.





Un projet futuriste : un Monastère du Lama Rimpoche pour la Paix universelle. Un Ovni: l'affiche décolle déjà.

Le monastère Allemand : 

Illumination.
La naissance en quatre pas.

La palme de l'imitation de la forme du chorten revient au sanctuaire allemand: 

édifié sur une butte, se reflétant dans un bassin : pas un centimètre carré sans une illustration de la vie de Bouddha.












Alors qu'une gamine musulmane (une importante population musulmane vit dans la région)  n'ose pas mendier sur le quai, 
Des bergères en vélo jouent de l'autre coté ; les chèvres paissent .
Scènes figurées de la vie de Bouddha dans l’allée du pourtour, des reliefs lourds  
en revanche la galerie couverte présente d’excellentes peintures. Les modèles étant préétablis, c’est la qualité des copistes qui frappe. Entre kitch et classiques: combien de petites mains ??

Les disciples.
 Bouddha donne sa chair aux tigres affamés. Version paysagiste romantique.













Cité céleste.
Plus anciennes étaient les fresques du porche du monastère bouddhiste , où nous logions,   et qui accueille des jeunes du Mustang pendant les mois d'hiver.

Premier vélo...














En fin de circuit, dernier jour : une visite au temple de  Swayambhunath , dit « Temple des singes »,  le plus  ancien ( 2000 ans ?) sur une colline à l’ouest de Kathmandu. (photo volée).

lundi 10 décembre 2018

COULEURS de l'HINDOUISME; NÉPAL 1.

  
Premier jour à Kathmandu et triple concentré flashy de rituels et de traditions, déjà vus en Inde, mais densifiés à l’échelle du pays, et plus originaux.

                                            BUDHANILKANTHA





Au nord de Kathmandu  : Le site d’un culte populaire, dédié à Vishnu: premières foules colorées,  orange dominant . 




Vishnu, 

Membre divin du Trimurti: la triade des dieux de l’hindouisme (Brahma, Vishnu, Shiva) est le dieu constructeur et protecteur;  sa monture, l’oiseau Garuda, son siège, le serpent Naga. Son épouse ou parèdre, Laksmi préside à la fortune. On connait son avatar, Krishna, héros des sagas du Mahabharatha,  et son autre forme possible Narasima, l’homme Lion, que les rois du Népal ont pu adopter.








Des attributs comme la conque, le chasse mouche, l’éventail apparaissent dans les représentations et les rituels.

Un lotus sort de sa bouche, qui redonne vie à Brahma ( et surtout beaucoup de pigeons)..
Bouddha Gautama serait considéré comme son dernier avatar, ce qui explique la coexistence des cultes au Népal, plus qu’ailleurs.


Chacun son tour, interdit aux non hindouistes.
Les fidèles font la queue  pour honorer la statue "flottante" de Vishnu. Le dieu est  couché sur le serpent Naga : au milieu d’un bassin.  On l’a surtout vu, trônant assis sur ce même serpent.

la statue de basalte de Vishnu remonterait au 6è siècle.








Tout autour des autels, des fumées, quelques mendiants et un marché : 
Des couvertures  (chinoises) doudounes, pulls en laine, gants,  tout pour le froid de l’hiver qui vient.
Toujours des femmes au boulot..
Maisons et puits de briques cuites, ocre.






















Un chanteur égaré de la période hippie (?)  gratte de la guitare sur le toit d’un étal, sans gêner la commerçante.
Un peu de vert: "assiettes" en feuilles de sal, et des sucreries jaunes; sans grand succès.





                                  

                                    Pashupatinath: 

Site dédié à Shiva: à l'est de Kathmandu.

Les deux rives des ghats.
Shiva :

 Troisième dieu du Trimurti, époux de Shatki (dans les formes variables de Parvati, Durga et Kali.)
Comme yogi, il habite sur le mont Kailash au Tibet. Sa figure dansante, dans la roue du monde illustre la fonction alternée de créateur/destructeur, yeux mi clos.
 Figuré symboliquement par le lingam, puissance virile sur le Yoni, féminin.

Il porte le trident et la peau de tigre, associé au Cobra, il chevauche le taureau Nandi. 

 C'est le seigneur des lieux de crémation.  Ainsi Pahupatinath, grand temple sur les bords de la rivière Bagmati , assimilée ici au Gange lui est consacré: 
Une véritable ville isolée hors de la ville. 

Vue d'en face.
Entrée interdite.


Rive nord, le temple  clos pour les étrangers  est protégé par des yeux.  Et des lions..
copains..



des taureaux (coupés ?) vaticinent  non loin du Nandi,  doré dans son enceinte.



Nandi sur pattes, version noire.








Certains bâtiments, effondrés pendant le tremblement de terre sont en reconstruction, singes et chiens folâtrent.
Rive sud, nombre de petits édicules protégeant des lingams dominent les ghats.


Les astrologues donnent leur avis sur les possibilités de mariage.
Enregistrement smartphone, belle-mère pas contente...
Dans la soirée,  début de l’installation de la cérémonie de l’Aarti, quotidienne : quatre prêtres en tenue  se préparent, sur fond de chants et d’harmonium et entament  la cérémonie par le coup de conque.


Sur les marches en face on apporte un, puis trois cadavres, drapés de tissu orange.


Lustration, des pieds des mains et du visage au bas du ghat. 



Le premier sera transporté en aval pour la crémation.
les deux autres attendent leur tour; 
Paradoxalement rien ne relie la cérémonie religieuse , où se succèdent les attributs, chasse-mouche, éventails, chandeliers,  et le rituel funéraire d’en face.



Une femme vient danser, on a cru à une veuve, juste comme une gamine un peu demeurée, puis un "fou" manifeste s’agitent ….
Grande ferveur, chants repris collectivement,  puis pluie des pétales dans la rivière, comme à Benares..  
Face au bucher, un solitaire médite.

Les temples dédiés à Shiva occupent l’essentiel des places des anciens royaumes, 
   sa version « terrible », 
          BHAIRAVA    
transformé en destructeur, au centre de  Durbar Square dans Kathmandu : un juge  craint et fort honoré. Attention à votre karma…

 Il porte la 5ème tête de Brahma, qu’il a coupé d’un coup d’ongle, un jour de conflit, et quelques colliers de crânes...


                                             Rouge  Kali : 




De même que Shiva se transforme en figure de mort, son épouse Durga, sous l’effet de la colère devient Kali, la déesse monstrueuse, que seuls les sacrifices animaux (les humains ont été interdits de longue date) pourront apaiser.


Dakshinkali : 





Au sud de Kathmandu, le temple occupe un fond de vallée où coule une rivière au débit modeste : longue descente colorée entre des étals.   

Zone interdite aux non-hindouistes.









Dans le sanctuaire principal, interdit, on ne verra pas la statue dans son temple, on tourne juste autour, muraille, cloches, lampes à beurre..








Un sadhu modeste, des vendeurs d'offrandes, occupent les marches.













Dans le bâtiment face au temple se font égorger les animaux du sacrifice. 



Jour maigre,  les coqs restent en cage, seules deux chèvres décapitées sont ébouillantées; vapeurs, tête farouche du servant.


d’autres bouchers emballent les morceaux pour les donateurs.
En contrebas, deux femmes évacuent les cendres, grand déluge noirâtre. ..
Quelques gueules pleines de dents.
Sauvés pour cette fois...











 On repart, entre les stands.
Ne se mangent pas
















Les gadgets contemporains voisinent avec les grenades -inoffensives.
Fruits et légumes pour végétariens.





Partout, offrandes et débauche de couleurs -terme mal venu dans un pays hautement moral, en raison des croyances et des castes.