mercredi 20 février 2013

RAJASTHAN 1 Udaipur


Temple miniature illustrant le Ramayana

Udaipur :  le train en provenance d’Indore sur une ligne à voie étroite fait  un long arrêt avec vue lointaine sur les murailles du fort de Chittogarh.
 Le premier Haveli charmant en terrasse avec vitraux et peintures murales mettait  d’emblée dans une ambiance  esthétique.



Surprise  totale : loin de l’idée reçue du "romantisme vénitien", le lac Pichola était presque à sec, des buffles clapotaient dans la boue,  la Plateforme de la funambule,  comme le Lake palace  ne sont plus accessibles en bateau.



Ambiance humide, temps couvert, mais il ne pleut pas.
 Toujours aucun touriste, la ville était à nous.  Dans l’alcôve du balcon du restaurant de luxe (désert) nous  méditons sur la place des femmes derrière leur claustra.
Mais le lendemain nous rencontrions un couple de collègues- le monde est petit- et parler français pendant deux jours après trois semaines d’un anglais approximatif ne peut que réjouir.



Le médaillon du soleil

Le City Palace




Ganesh au Moti Mahal





L’architecture du City Palace,  édifiée par une dynastie qui se revendique  d’un ancêtre dieu du soleil s’est ainsi transformée sous l’influence moghole, puis au XVIIIè siècle les décors intérieurs intègrent l’influence de l’Europe ;










des peintures de genre  un peu naïves ornent les murs,




 les salles d'apparat sont garnies de vitraux importés de Murano. Le musicien aveugle accompagne la visite.






Les décors stupéfiants  et un peu kitch, tout en miroirs, des salles du palais gagnent les cours intérieures. (pour de bonnes images, se référer à un ouvrage spécialisé).






Le temple de  Jagdish,  construit au XVIIè , reprend la structure et les décors sculptés  déjà rencontrés dans les temples hindous.


L'entrée du temple

Partout des éléphants :  et des cavaliers: 
Le guerrier et la jeep












les peintures populaires recouvrent des murs dans la ville, selon des motifs traditionnels. 















De petits autels incrustés au coin des rues.



Cette culture populaire se manifeste dans le musée de Bhartiya Lok Kala, où se produisent des artistes jongleurs et marionnettistes, 






et où l’on trouve de merveilleux mini-temples peints illustrant le Ramayana.





À cent kilomètres au nord d’Udaipur,  Le Fort de Kumbhalgarh.










Les temples à l’intérieur des  kilomètres de murailles inexpugnables étaient peuplés de jeunes filles charmantes.






La campagne environnante est l’occasion d’observer des pratiques rurales atemporelles : le broyage des enduits pour la construction,





Ramassage de bois mort

les norias pour remonter l’eau des puits – la région est assez désertique- les corvées des femmes, 


 les bœufs travaillent en tournant;  la forme de la roue n'est pas seulement symbolique...




RANAKPUR



Sur le seuil, des mendiantes






  dentelle de marbre, le qualificatif n’est pas exagéré. Toutes surfaces sont ciselées, des bases au sommet.








Le dôme, le  shikara du sanctuaire central



Le sanctuaire jaïna fut édifié en cinquante ans à partir de 1439 ;




 les 1444 colonnes ciselées soutiennent des coupoles ou des lustres entièrement peuplés de figures féminines.













L’enchâssement de différentes salles symétriques,  seln un plan en une sorte de mandala géant, 






conduit aux cellules où sont enchassées les divinités aux yeux de pierres précieuses.




Quelques  fidèles prient devant la divinité Adhinata.



Les parois du temple  de Surya, voisin de l’ensemble principal, comportent des registres de figures érotiques comparables à celles de Khajuraho.  Ce qu’un guide ne manque pas de désigner. Quelques singes grimpent sur le taxi pour faire un bout de route.


mardi 19 février 2013

INDE : LE MADHYA PRADESH


Sanchi : stupa bouddhiste, III e s av. JC

 D’autobus en rickshaws, puis en train de luxe, la traversée du Madhya Pradesh, l’état le plus vaste de l’Inde du centre, offre un nouveau raccourci dans l’histoire ; mais le trajet contredit la chronologie de royaumes qui ont été vassalisés pendant la période moghole puis la domination anglaise, quand il n’ont pas été détruits.


Sur la place du village



Krishna, Raja Mahal
ORCHHA





Dans un village fort tranquille, enserrée dans des remparts l'ancienne cité moisit.





Un dédale de salles de palais abandonnés:


Détail du porche du Chaturbhuj 
l

Vishnu, Raja Mahal



















Cette capitale du royaume rajpoute  des Bundelas fut fondée au XVIè siècle. Un des palais fut construit en l’honneur de l’empereur moghol Jehangir (le fils d’Akbar) avant d’être pillé.

les salles des palais sont ornées de superbes décors peints

















Les temples, d’une échelle impressionnante, sont ornés de stucs décoratifs et toujours visités par des pèlerins.






Jhansi, un centre important, mais peu palpitant : en face de l’hôtel, la distribution de nourriture pour les pauvres sur fond musical de récitations religieuses.  


Remontée à Gwalior en train. On ne louera jamais assez la précision des horaires donnés par le Lonely Planet.



Dans la ville, les tongas tirés par des chevaux attendent le client.



Gwalior: l'entrée du fort.

La montée du fort, par une température caniculaire, nouvelle épreuve ;  parmi les palais, un temple indo-aryen ne se visite pas.



La tête






En revanche, dans la descente sur le flanc opposé, les  falaises  sont entièrement sculptées d’effigies de divinités jaina remontant au XVè siècle dans différentes postures, et d’échelle variable ;


et les jambes.







certaines de taille monumentale atteignent  20 mètres de hauteur et consolent de la destruction des bouddhas du Bamian.









Certains visages ont été mutilés, d’autres restaurés. Les ouvriers s’y emploient et plus loin un groupe de fidèles « arrosent »  rituellement la statue.



De Bhopal, (un musée contemporain domine le lac),un petit train relie le site de

Sanchi 

Stupa 1.

Sans doute le lieu le plus superbe du voyage, et totalement désert.

Sur la colline les stupas construits au IIIè siècle av. JC, sous le règne de l’empereur Ashoka, de la dynastie des Mauryas. Ce premier empire s’étendait des confins de l’Afghanistan à toute l’Inde centrale. Converti au bouddhisme, Ashoka a marqué son territoire par des piliers, quelques monuments sont visibles à Sarnath près de Bénarès.



Les stupas sont enclos par une enceinte à l’imitation des clôtures de bois. Le grand stupa , de 16 m de haut est ornés par quatre portiques sculptés, les torana,  dont les scènes illustrent des épisodes de la vie de Bouddha,



Offrande du miel à Bouddha


















figuré sous la forme du bamian sacré de l’éléphant ou du stupa. 




Un petit temple du VIIè siècle porte l’influence de l’architecture hellénistique. 







Alexandre ne dépassa pas Taxila au Penjab, mais certains médaillons de stupa 3 présentent quelques traits stylistiques de l’art gréco-afghan.





Sanchi : le stupa 3, un seul portique


À quelques kilomètres de rickshaw, les grottes d’ Udaigiri



Un vieux guide local en uniforme ouvre les grottes et les sanctuaires bouddhistes de la période Gupta (300-600), 



Vishnu

les décors intérieurs sont dans une obscurité totale, à l‘exception d’un relief de Vishnu, sous l’aspect d’un sanglier, de tradition jaïn.





Mandu: Carte postale de dépannage

Plus au sud  à 50 Km de Indore, on visite le site de Mandu, après une course assez anxiogène d’un taxi, un vrai. Embouteillages, accidents…

Grande salle de l'Indola Mahal.

La mousson est arrivée, l’ambiance écossaise, les photos impossibles.




L'heure du bain
La cité fondée au Xè, devint un royaume prospère au XVè, annexé ensuite par le Moghols.






 Ce qu’il en reste est une ville fantôme où la succession de palais en ruine, de mausolées domine la plaine. Seule la grande mosquée est fréquentée.








Puisque l’eau envahit tout, nous admirons la variété des bassins. 




Fontaine sacrée dans le temple

Retour à Indore, ville moderne et animée, les architectures administratives ont conservé le style des palais.




















Sur un fronton, le buste d’un rajah d’une date incertaine médite sur les temps de la richesse passée.