jeudi 10 mai 2018

KYOTO en diagonale. JAPON. 6.




Capitale de l’empire du soleil levant durant plusieurs siècles, et toujours centre culturel du Japon
dans la région du Kansai , au centre de l’ile principale, proche du lac Biwa, 

Le pouvoir impérial s’y installe après l’Ère Nara, marquée par l’adoption du bouddhisme.
fondant une ville du nom de Heian-ko, 794-1185.(Période Heian).
selon un plan influencé par l’urbanisme de la Chine des Tang.


Un Centre:
Des blocs réguliers de part et d’autre de l’axe nord sud, sur lequel sont édifiés des palais, un terrain presque plat, dominé par des collines.


Des temples occupent les quatre directions de l’espace. Shintô ou bouddhistes selon les commandes des nobles ou du clergé. 

Salle de prière du Ryoan-ji. 
L’empereur, fils du soleil est supposé détenir les trois pouvoirs politiques, militaires et religieux. Mais le pouvoir militaire est détenu -ou gagné de force - par un shogun, ( voir ch.4) comme  Minamoto qui opère un déplacement du pouvoir du bakufu à Kamakura, au XIIè et XIIIè siècle, avant la réinstallation à Kyoto.
Les empereurs résidèrent à Kyoto,  jusqu’au déménagement  à Tokyo,  dans l’ère Meiji. 

Dans la période Muromachi, fin du XVè, la ville se développe, les arts sont favorisés dans Kyoto,  résidence de la cour et des shoguns : le grand " trio des généraux", toujours les mêmes: Oda Nobunaga, en son temps élimine toutes les sectes pour assurer un pouvoir central, et accorde de l’intêret  aux arts occidentaux.
Toyotomi Hideyoshi,  shogun guerrier mais esthète éclairé soutient la construction de temples.
Tokugawa Ieyasu, installé à Edo, en 1603, loin de l’empereur construit cependant sa « résidence secondaire »  à Kyoto pour contrer le pouvoir: 
Chateau Nijo-jo 

Porche d'entrée du Château Nijo-jo.
Des restes de pratiques anciennes: au confluent des deux rivières, un lieu où naguère s'élevait un sanctuaire, on joue à saute ruisseau...


 Grand Développement  de l’économie au XIVè s.: les commerces par spécialités, et le commerce des arts et des plaisirs pour la cour, la ville répartit ses quartiers par fonctions: 
 il en reste pour le touriste :

au centre de la cité ; à l’est de la rivière  : une vision de la ville ancienne. 

Le quartier de Gion : conserve les traces de ce que fut l’urbanisme de l’époque, 






Fleuries par les kimonos de jeunes pseudo maïkos et geishas, les maisons anciennes abritent des théâtres et maintenant des cafés. 
De beaux jeunes gens tirent les touristes dans des pousses-pousses, entre rues bordées d’arbres prêts à fleurir et petits sanctuaires.





































Programmations variées et
Voisinages très éclectiques:


















Bonbons..





Bar. (?)














UNE DIAGONALE DE TEMPLES

au nord ouest , les bouddhistes zen:


Le Pavillon d’or,  le kinkaku-ji, appartenant au monastère zen : Rokuon-ji  se reflète dans  le "Miroir d'eau" de l'étang.
construit pour en 1397  Yoshimitsu  Yashikaga, ex shogun (1408), (à suivre ch.7)

Le Ryoan-ji.  
Jardin de pierres. (épisode à suivre)
Célèbre pour son jardin sec ; et belles peintures dans les salles du temple. Ambiance recueillie,  la boutique vend une copie du moine fondateur de la secte..












Kiyomizu-dera.

à l’opposé  au Sud-est  sur la colline , le sanctuaire et temple, fort éclectique : 
du nom de la source qui coule sur le site:  Otowa-no-taki, sanctuaire de l’eau pure.
Version carte postale pour apprécier les toits.
Etat actuel en réfection.


Rassemble des sanctuaires des deux religions: une toiture unique, fort complexe couvre plusieurs  «chapelles ». Iemitsu Tokugawa,  en 1633.  l’aurait  en partie reconstruit : 




















échelonnement sur la colline:  plusieurs portes rythment les escaliers; une pagode précède les terrasses du sanctuaire principal étayé par un mur de poutres de soutènement.  
Le dragon chinois du bassin de libation.






























 De la terrasse: s’y pencher, pour regarder la source ou encore sauter pour éprouver le destin,  est maintenant interdit, même avec élastique…




Boire pour trouver la santé...





















Principal temple shintoïste: Le Jishu-jinja, dieu des bonnes rencontres. 
méditation.














des petits temples où un bouddha attend des offrandes. 
Essais de poids gagnants??







Autel, entre boudoir et salon...












Dans les sanctuaires shintô, aucune statue des kami, mais des autels fleuris où l'on apporte de la nourriture.












dans les allées en contrebas, pierres tombales et petits Jizo.  
Jizo bosatsu, boddhisatva, protecteur des enfants (souvent morts nés) et des voyageurs ne sera satisfait que lorsque toutes les âmes seront sauvées..

Sanctuaire   Fushimi Inari-taisha.






Tout au sud, en banlieue, le très populaire sanctuaire de la déesse Inari protectrice des cultures : son renard tient la clé du grenier à riz, ou encore la boule du trésor.







Plan























mode d'emploi..














Un long parcours des torii sur la colline dans les forêts de bambou.
Ils sont édifiés par des  donateurs dont le nom est gravé.  Les places sont très chères. 
Plusieurs petits sanctuaires  pour des pauses… et en bas, les échoppes. Ici encore, les kimonos fleurissent.
 Des jeunes distribuent un dépliant comique sur l'art de fréquenter les sanctuaires, 
et quelques conseils pratiques: ne pas rester sur la voie ferrée pour prendre des photos, et sur l'usage des toilettes. Il est vrai qu'elles sont "étrangères".




Sanctuaire Kasuga-taisha:



Dernière étape au sud, dans la ville de Narale sanctuaire shintô,
  
le Hondo, du sanctuaire principal.


Établi en 768, comme mausolée d’une famille, le sanctuaire fut considéré comme un lieu saint et
régulièrement entretenu.  
 Échelonnées dans les allées montantes, parmi des arbres plus que centenaires, les 10000 lanternes de pierre accompagnent la visite. 
Cache-cache avec les daims.   Autres lanternes  suspendues  dans les galeries.

Longue ballade dans le parc.

Takemikasuki,  une divinité montée sur un cerf ailé blanc vint protéger la cité de Heijo-kyo (Nara)
  cette espèce  « sika »  est depuis protégée. Curieusement sans cornes, ou alors ce ne sont que des femelles.

Pour les bois, le bassin  de l’entrée.


mardi 1 mai 2018

SANCTUAIRES SHINTOISTES. JAPON. 5



La religion shintoïste remonte aux origines du Japon, 

Gris rayé =zones sismiques. Points:volcans.
importation et assimilation d'un autre animisme, une forme de récit mythologique explique la création des îles par la naissance des divinités, les KAMIS, innombrables, qui animent la nature comme les êtres et les objets, les moments de la vie. 
Plafond, Nikko.















Et si le Japon était un dragon qui quelquefois -ou trop souvent- ébranle la terre?

Sanctuaire, pharmacie, un peu loterie..


Les nouveau-nés sont présentés dans le sanctuaire, comme on l’a vu à Nara.
Non sans amulettes.

Les panneaux d'accroche de
mini-torii, de feuilles et autres nouages de mauvais présages, animent autant les allées que les finances..
Mais pour la mort, on s'adresse au temple bouddhiste. 






Si l’on rencontre de minuscules constructions, au coin d’un chemin, les grands sanctuaires comportent plusieurs édifices: 













Le Torii, grande porte ouverte symbolique de l’entrée,  carré ou courbe à plusieurs poutres,




La fontaine ou le bassin pour la purification par l’eau : le  "temizuya"
quelquefois couvert d’un toit.
Plusieurs édifices composent le sanctuaire, selon la configuration du terrain, alignés selon un axe et hierarchisés.
les salles du trésor,  ou d’archives; 
le sanctuaire en deux parties  pièce des  prières, "haiden", qui précède ce qu’on pourrait nommer le saint des saints, le "honden"..
Salle de prière à Nikko : Futarasan; au fond, le célébrant dans le Honden.
 en option, un bâtiment pour le sanctuaire miniature, sorte de palanquin.
à Kyoto, dans le Kiomizu-dera.

Dans le sanctuaire, pas de statues de divinités, mais des autels destinés aux offrandes. La cérémonie célébrée par le prêtre est ponctuée par le tambour et l’agitation de grands pompons de papier, énigme

Au fronton, la corde de paille de riz, shimenawa, ornée de papiers découpés et la cloche pour annoncer sa présence.
un pavillon des danses,
 le "kagura-den", peut abriter des musiciens pour des représentations du bungaku.





Du strict point de vue de l’architecture, les sanctuaires et les temples qui voisinent dans les cités, sont d’autant plus proches qu’ils utilisent les mêmes techniques de construction en bois

Le décor change.. le shintô est rouge vermillon, quand le temple bouddhiste reste couleur bois.
 Trois sites reliés aux grands noms de l’histoire (encore les shoguns): du plus simple et ancien au plus complexe.

                                         Miyajima  



Au sud de l’ile principale, région du Chugoku, en face d’Hiroshima, le sanctuaire  d’ Itsukushima est construit sur une petite île de la mer du Japon.

Salle du sanctuaire : Haiden.


Orientation inverse  nord-sud : la mer est une cour intérieure qui selon les marées inonde les bâtiments  sur pilotis,  «flottants ». 


Le Torii le plus célèbre du Japon est posé au coeur de la baie : six pieds, reçoit quelques visiteurs à marée basse.  Il faut passer le pont à marée haute.



Dans les allées, le daims ou cerfs apprivoisés (il parait qu’ils mangent le papier) ruminent tranquillement. 

Une rue commerçante: et que trouve t’on ? à coté des boutiques, un échange culturel, les pieds dans l’eau. Pas sur qu'on soit au courant chez nous. 




Estrade pour la danse.






La fondation -mythique- remonterait au VIè siècle pour vénérer les filles d’Amaterasu, déesse de la mer. Reconstruit à plusieurs reprises.



La colline est dominée par une pagode de 4 étages et un pavillon de « mille tatamis » édifiés par Toyotomi Hideyoshi; (voir ch.châteaux).

Où l’on comprend que le pouvoir s’appuie sur la religion.

Proches de Tokyo, deux grands sanctuaires (du shogun)



                                         
                                           
 KAMAKURA 

Le premier Minamoto.


Face à la mer et encore sur une colline, la cité fut choisie comme capitale du pouvoir militaire , loin de Kyoto, par Minamoto no Yorimoto, entre 1192 et 1333, le premier shogun répertorié pour ses créations et batailles : l’ère Kamakura. 
une dynastie qui finit dans le sang et que poursuit l’âge des samouraïs.

Le charme du printemps.











Quelques  temples ont résisté aux destructions, comme souvent reconstruits régulièrement, sont l’objet d’un culte fort populaire et débonnaire. 
bannières dédiées aux morts.

En attendant les vraies.


Un autre pont sépare deux étangs








évoquant la rivalité des clans Genji 
(Minamoto) et des Heike (Taira) à la bataille navale de Dan-no-ura, qui élimina le clan des Taira.

souvent illustrée dans les estampes, le sublime récit du "Dit des Heike", un classique (sur youtube) 
le combat naval fut mis en scène dans le non moins sublime "Kwaidan" de Kobayashi): le coin du cinéphile:






 Kwaidan: Les morts des Tairas se transforment en pierres tombales.







Autre légende: Les masques en forme de carapace d’araignées seraient le retour des guerriers noyés
 Retour: Les papiers de divination et les drapeaux de papier en l’honneur des défunts le disputent aux arbres (pas vraiment) en fleurs. Sakura n'est qu'en tissus.



Salle de danse sacrée.

vu du haut : le Hongu, salle de danse sacrée: une autre triste histoire d'amour et de mort.   On apprécié la structure des toits.




hachiman-gu : sanctuaire principal dédié au dieu de la guerre Hachiman,  divinité tutélaire de Yorimoto. 
une zone à raser , comme un temple zen;

et des barils de saké en quantité phénoménale.

Les échoppes d’amulettes, très pharmacies laissent échapper leurs vendeuses, vaguement nonnes;



des jeunes filles  en kimono posent ou s’exposent dans des tenues variées : deux d’entre elles, attaquées par un pigeon, (Hitchcok) poussent des cris d'orfraie. De quoi affoler les canards: Rien de la  piété usuelle des temples . Puis défilés de scolaires en uniforme quasi militaire : tous les aspects d’une religiosité soft.

Contrepoint.



Dans un autre quartier de la cité : un peu plus de respect et concours de selfies.: Le grand Bouddha  Daibutsu : Amida, bodhisattva de la compassion , 11 m de hauteur vous fixe les yeux mi-clos, commandité par le même potentat: deux garanties. La statue a résisté aux tremblements de terre et autres tsunamis pendant dix siècles...


                                               NIKKO  : 

le téléphone public, rare et historique.
Au nord  de Tokyo, dans des montagnes, un complexe « religieux » mais surtout touristique avec des sites naturels assez grandioses. Lacs, cascades, bains. Et le train.  Rapide . 








Nikko, comporte plusieurs ensembles de sanctuaires shintoïstes : fondé comme sanctuaire au premier shogun Tokugawa, qui aimait s’y retirait loin de Edo, par son petit fils Tokugawa Iemitsu. Lieu de son tombeau.



Conformément au principe de progression vers le haut, et orienté au  nord, 
le sanctuaire le plus sacré domine la rivière et son pont rouge.


        Le TOSHO-GU

Littéralement le sanctuaire de Tokugawa, qui en a eu d'autres...
Une débauche d’or et de décors :  et la foule des visiteurs: lente ascension sous les arbres centenaires. et franchissement d’un premier torii;  et une première porte  «omote-mon »,  ses Ni-O terrifiques:






















On monte en laissant à gauche, une pagode à cinq étages, 
à  droite des temples ( une rénovation bien emballée) et quelques moines. 
pour aborder une terrasse  bordée de bâtiments  fonctionnels et néanmoins luxueusement décorés: 

Un torii,  au centre pour signaler le couloir escalier.


Passé la porte, la plateforme.












Une «écurie» des chevaux sacrés,  en construction de bois, incroyablement modeste porte un linteau décoré du trio des singes.




Elephants.


Les archives et les trésors: bâtiments clos de cloisons en une sorte de pliage accordéon: selon le degré d’humidité se ferment ou aèrent les trésors contenus. 
Deux éléphants imaginaires au fronton.







le pavillon pour la purification  Omizu-ya, couvert d’une toiture et décor d’animaux sculptés. : une réduction du principe des portes.

Un autre bâtiment réservé aux archives précédé des lanternes de pierre.
Double toiture.




Un torii, au bas d’un escalier mène à une autre terrasse formant enceinte : le beffroi, lanternes  tour du tambour  : Shoro et Koro . 
Quelques dons : cloche et lanternes, dons de pays étrangers. et un arbre géant.

Shoro et Koro. et la lanterne (posée à l'envers)
Le portail   Yomei-mon

  




supporté  par 12 colonnes blanches et gardé par des archers sympathiques , est prolongée par un corridor aux murs de bois à claire voie entièrement sculptés d’animaux  

la toiture débordante avec porche  en courbe, de style chinois :
Tous les corbeaux et poutres sont historiées et dorés.


Au-dessus du linteau, le détail de groupes de personnages miniatures : 











Seuls les dignitaires passaient cette porte gardée par les archers.








au revers, les lions montrent les dents.






















La Kara-mon  sur la terrasse, précède  la salle du culte du  sanctuaire principal, 

Version fermée; voir plus haut.







Hon-den:   la salle du culte: ornée de panneaux peints est couverte par des
toits de tuile complexes à deux étages en encorbellement et le porche à toiture courbe : « hara-hafu », importé de chine et introduit dans le style «Momoyama» le siècle d’expansion artistique  précédant la période Edo:










Selon les historiens de l’art, les travaux auraient été réalisés par des artistes coréens: les modèles d’architecture et de peinture d’inspiration chinoise.










En passant  sur la droite,  un patio bordé de galerie abrite les traditionnels barils de saké.  Une petite porche «au chat» pour grimper au tombeau.








À gauche un petit bâtiment (aussi luxueux) du «sanctuaire portatif »  (deux sorties par an). Au plafond ballet de déesses volantes,


Peintures  et modèles de reliefs dus à Kano Tanyu , chef dune école de peinture qui travaille à Kyoto (en particulier au Nijo-jo, construit aussi pour Tokugawa) 



Un bestiaire infini : tigres et dragons volants aux plafonds et sur les murs de la salle de prière.

Le chat qui dort, volatiles en tous genres, monstres sortis de la littérature et figures volantes; et combien de dragons, en 2 ou 3D. 


Eléments décoratifs  spécifiques shintô: "chigi" .




Détail d'une toiture : pas un élément sans l'emblème du shogun. Et que d'or...




La notice indique qu’il fallut sept mois de travaux par 450 000 ouvriers, (ou 4,5 millions?) un somme équivalent à 40 milliards de yens actuels . Soit on rêve..

La rénovation est aussi régulière.





  

(Pour ne pas) En finir avec Tokugawa

le sanctuaire, construit pour le premier fondateur de la dynastie,  mort en 1616 est entièrement voué aux emblèmes du clan. Pas une poutre sans le trio de feuilles de Houx. 

Au sommet d’une volée de marches de pierres, (207),  glissantes, la sépulture de Iemisu- le grand : encore un petit édifice puis une enceinte et une porte de bronze qui ouvre sur une plateforme surélevée. 
Pour le cas où on n’aurait pas vu des films, le cercueil est une forme de jarre; enterré plié-debout.
L’ascension sportive exclut les kimonos serrés et les socques : les dignitaires  de la dynastie étaient supposés faire le pèlerinage tous les ans, avec porteurs ???
Les grues ne manquent pas. Pour un dernier envol...